À Calais, la municipalité change de méthode pour gérer les locaux commerciaux vacants du centre-ville. Plutôt que de laisser le marché seul décider qui s’installe dans les cellules les mieux placées, la Société Publique Locale Commerce et Centre Urbain de Calais pilote désormais l’attribution de ces emplacements pour éviter qu’ils ne se transforment tous en points de restauration rapide.
L’objectif affiché est simple : préserver une diversité commerciale en centre-ville, alors que plusieurs communes françaises constatent une multiplication des enseignes de restauration à emporter dans les artères les plus fréquentées, au détriment d’autres activités comme le prêt-à-porter ou les services de proximité.
Un dispositif pour éviter la concentration de restauration rapide
Selon la presse locale, les responsables municipaux souhaitent que les cellules commerciales les plus stratégiques du centre-ville n’accueillent pas systématiquement de nouveaux points de vente de restauration rapide. La ville mise à la place sur des secteurs jugés sous-représentés, en particulier la mode féminine, pour rééquilibrer l’offre commerciale face à la restauration à emporter.
Concrètement, la collectivité s’appuie sur un dispositif d’aide à l’implantation commerciale et artisanale, géré par la SPL, pour orienter les candidatures des porteurs de projet vers les locaux vacants et les faire correspondre aux besoins identifiés rue par rue. C’est un exemple de sélection directe des commerçants par la mairie, une méthode que d’autres communes de taille moyenne ont également adoptée pour reprendre la main sur leurs locaux vacants.
Calais Cœur de Vie, vitrine du renouveau commercial
Le centre commercial municipal Calais Cœur de Vie illustre cette stratégie à plus grande échelle. Le site, qui accueille une vingtaine de commerces mêlant enseignes nationales et indépendants locaux, évolue vers un format multi-services associant commerce, services à la personne et services municipaux. Selon les données publiées par la société qui gère le site, il attire en moyenne plusieurs millions de visiteurs par an, avec des niveaux de loyers pensés pour rester attractifs face aux zones commerciales périphériques.
Cette logique de centre-ville multifonctionnel rejoint une tendance observée ailleurs : transformer des espaces commerciaux vieillissants en lieux hybrides, capables de retenir les habitants qui, sinon, se tournent vers les grandes surfaces en périphérie ou vers le commerce en ligne.
Une stratégie qui s’inscrit dans un mouvement national
La démarche calaisienne fait écho à un mouvement plus large de redynamisation des centres-villes porté par l’État, qui a annoncé des moyens dédiés aux communes engagées dans ce type de projet, notamment pour financer des managers de commerce dans les territoires fragilisés. D’autres villes, comme Colmar avec son aide à la reprise de locaux vacants ou Saint-Brieuc et son plan de requalification du centre-ville, expérimentent des outils similaires pour reprendre la main sur l’attractivité de leurs rues commerçantes.
Pour les porteurs de projet, ce type de dispositif change la donne : au lieu de négocier directement avec des propriétaires privés, ils peuvent candidater auprès de la collectivité, qui devient un intermédiaire actif dans le choix des activités accueillies. Une évolution qui interroge sur le rôle croissant des mairies dans la composition commerciale de leurs centres-villes.
Questions fréquentes
Pourquoi Calais veut-elle limiter les commerces de restauration rapide en centre-ville ?
La municipalité cherche à éviter une concentration excessive de ce type d’activité dans les cellules commerciales les plus visibles, afin de préserver une offre variée et d’attirer d’autres secteurs, comme la mode ou les services.
Qui décide de l’attribution des locaux commerciaux vacants à Calais ?
C’est la Société Publique Locale Commerce et Centre Urbain de Calais qui accompagne ce processus, en lien avec la municipalité, via un dispositif d’aide à l’implantation commerciale et artisanale.
D’autres villes françaises appliquent-elles une stratégie comparable ?
Oui, plusieurs communes moyennes mettent en place des dispositifs similaires de sélection ou d’accompagnement des commerçants pour reprendre la main sur leurs locaux vacants et redynamiser leur centre-ville.
Sources
- Ville de Calais — Mon Shopping c’est Calais
- Les-aides.fr — SPL Commerce et Centre Urbain de Calais
- economie.gouv.fr — 9 mesures pour redynamiser le commerce de proximité
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